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Salon international IDEX à Abu Dhabi - février 2009
La délégation parlementaire (1) qui s’est rendue à Abu Dhabi du 21 au 23 février 2009 a reçu le meilleur accueil de la part des autorités émiraties et des industriels français exposants. Le salon, qui était d’une ampleur nettement plus grande que lors de l’édition précédente de 2007 (notamment avec une forte présence chinoise et turque), a néanmoins attiré relativement peu de délégations étrangères.
Deux constats ont pu être faits.
I Les Emirats Arabes Unis ont désormais une vision structurée de leur avenir
Au plan politique, les EAU ont une vision marquée par la volonté d’être un pôle de stabilité basé sur un islam modéré, tout en renforçant leur identité :
- stabilité n’est pas synonyme de neutralité : le Prince héritier d’Abou Dhabi, Chef suprême adjoint des forces armées émiraties, Cheikh Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, qui a reçu la délégation parlementaire à sa résidence personnelle d’une manière particulièrement chaleureuse, a constaté la communauté de vues politico-stratégique entre les EAU et la France et exprimé son incompréhension face au fait que les pays arabes n’aient pas participé aux opérations menées contre les Talibans en Afghanistan dès le début de celles-ci. Il s’est montré très ouvert au développement du partenariat technologique et industriel avec des entreprises françaises ;
- développement de l’identité nationale, objectif essentiel pour cet Etat jeune, relativement artificiel et peuplé aux trois quarts d’immigrés. Le caractère grandiose de la cérémonie d’ouverture du salon IDEX a mêlé la démonstration de la modernité de son pays ainsi que de l’importance qu’il attache à ses traditions et à son identité, à ses jeunes, à l’efficacité des ses forces armées et à son ouverture sur les partenaires étrangers.
Au plan économique, les EAU mènent une politique très déterminée :
- investissement massif dans le développement économique de long terme, en s’appuyant sur Mubadala, fonds souverain intervenant dans plus de 40 secteurs, dont les nouvelles technologies, l’aéronautique, l’énergie et les services ; son directeur général, M. Khaldoon Khalifa al Mubarak, est apparenté à la famille régnante;
- accent mis sur la sécurité, avec la création de la CNIA (Critical national infrastructure authority), entité destinée à assurer la protection de toutes les infrastructures qui conditionnent le développement économique du pays ainsi que la coordination entre les différentes administrations compétentes en cette matière. Le président de cet établissement public, le Général Ahmed bin Tahnoon al Nahyan, président de la CNIA, est aussi apparenté à la famille régnante ;
- accent mis sur les partenariats de long terme comme support du développement, qui transparaît dans toutes les réalisations en cours des EAU et dans les discours officiels.
II La France bénéficie d’une image très positive
- volonté de développer un partenariat global avec la France, dans les domaines de la défense, de la sécurité (spatial), de l’énergie (réacteurs nucléaires de 3ème génération), de la culture (le Louvre) et de l’éducation (Sorbonne, HEC, INSEAD, projet de l’Université de Lyon II) ; la création d’un organisme miroir de l’IHEDN pourrait être envisagée ;
- volonté de s’appuyer sur la France pour diversifier l’équipement des forces armées (2), avec des perspectives pour l’aviation de chasse, la modernisation des chars Leclerc, les nouvelles munitions pour ce char et l’adaptation de ce blindé associée ;
- souhait de s’appuyer sur notre pays pour former son personnel militaire, au plan technique et opérationnel (la présence de DCI est importante en ce qu’elle permet de fidéliser le client émirati en restant sur place) ;
- désir du fonds souverain Mubadala de nouer des partenariats technologiques et industriels avec des entreprises françaises, au-delà de celui qui a été noué avec EADS en juillet 2008 (3) . Son directeur général a tenu à recevoir la délégation parlementaire pour souligner les pas de géant accomplis par le fonds qu’il dirige. Il a indiqué que par les partenariats qu’il souhaite nouer avec des entreprises françaises, Mubadala peut apporter une part de croissance à la France ;
- forte attente d’une coopération avec la France de la part de la CNIA (4) , dont le directeur général a souhaité rencontrer la délégation parlementaire pour exprimer la confiance que lui inspire la France ainsi que la satisfaction procurée par les relations déjà nouées avec EADS et Thalès. Le Général Muhair Ali Al Khateri, directeur général, envisage une visite en France sur le thème de la sécurité nucléaire ;
- très bonne coopération sur la base navale et de soutien en cours de création et sur la base aérienne d’Al Dhafra(5). La base française est une excellente plate-forme de démonstration des matériels français (6). La coopération entre aviateurs émiratis et français est excellente et semble se passer mieux qu’entre Emiratis et Américains. Il est de ce fait important de ne pas se déconnecter des matériels des Emiratis en remplaçant les Mirage 2000-5 exclusivement par des Rafale.
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1 M. Teissier, président de la Commission de la défense, M.Vitel, vice-président, MM. Folliot et Guilloteau, secrétaires, MM Bernard et Grall, auxquels s’est joint M. Fourgous, rapporteur spécial de la commission des finances
2 Les forces armées émiraties ont acquis des Mirage 2000-9, des avions multi-rôles A330-MRTT (contrat récent avec EADS), des VAB (Renault Trucks), des missiles Black Shaheen et des postes radio de 4ème génération (Thalès), des Puma et des Panther (Eurocopter), des chars Leclerc et des dépanneurs (Nexter), des engins de franchissement de l’avant (CEFA).
3 Par cet accord créant une joint venture, Mubadala devient fournisseur de pièces mobiles pour Airbus ; il n’exclut pas de prendre une participation dans EADS à l’avenir.
4 CNIA : Critical national infrastructure authority.
5 La base d’Al Dhafra pourrait constituer l’alternative la plus intéressante au plan politique et stratégique.
6 L’annonce faite lors du salon de la création d’une base nationale spécifique aux engins de franchissement de l’avant (acquis auprès de l’entreprise alsacienne CEFA) à Ghantoot entre Abu Dhabi et Dubaï, pourrait constituer un vecteur de coopération à explorer.
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