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PRIX NOBEL DE PHYSIQUE
M. Philippe Vitel – La science française est une nouvelle fois à l’honneur. Quelle fierté et quelle joie que la remise à notre compatriote Albert Fert du prix Nobel de physique, qu’il partage avec le physicien allemand Peter Grünberg ! (Vifs applaudissements sur tous les bancs). C’est la 49e fois – et la 12e fois pour la physique – que notre pays se voit décerner le prix Nobel, prix que Marie Curie est la seule à avoir reçu à deux reprises. Nous ne pouvons que nous féliciter de cette nouvelle consécration, après l’attribution du prix Nobel de chimie à Yves Chauvin et de la médaille Fields 2006 à Wendelin Werner, représentant d’une école mathématique française performante et dynamique. Mais n’oublions pas que la recherche et l’innovation reposent moins sur la célébration du passé que sur les promesses de l’avenir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe Nouveau centre)
Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, quelles leçons peut-on tirer de ces succès ? De quelle manière la politique que vous mettez en œuvre aujourd’hui garantira-t-elle demain l’excellence scientifique de notre pays ? Comment assurerez-vous une relève de qualité dans les métiers de la recherche ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe Nouveau centre).
Mme Valérie Pecresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche – La remise, hier, du prix Nobel de physique au professeur Alfred Fert pour ses travaux sur la magnétorésistance géante honore en effet la recherche française, l’université d’Orsay et le CNRS. Elle récompense des recherches sur l’infiniment petit, qui ont permis l’élaboration de disques durs minuscules entrant notamment dans la composition des téléphones mobiles ou des lecteurs MP3.
Quels enseignements en tirer ? Tout d’abord, les nanosciences – qui permettent de construire de nouveaux objets molécule après molécule, atome après atome – constituent un défi prometteur que devra relever la recherche ; c’est à juste titre que le Président de la République les considère comme l’une de nos cinq priorités en matière de recherche (Acclamations sur quelques bancs du groupe UMP ; exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche).
En outre, ce prix incarne l’indispensable décloisonnement entre recherche fondamentale et recherche appliquée, comme entre recherche publique et privée, puisque c’est au sein d’un laboratoire commun Thalès-CNRS-Orsay que le professeur Fert a mené à bien ses travaux, dont les conséquences sur l’informatique, les télécommunications et les médias seront considérables. C’est là une autre des priorités du Gouvernement (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP).
Nous devons également développer bien davantage la culture des brevets au sein de nos laboratoires de recherche (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP). Je me félicite de l’avancée que constitue à cet égard la ratification du protocole de Londres par le Parlement (Exclamations sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine). Nous devons aussi développer la coopération franco-allemande en la matière, pour créer un espace européen de la recherche.
Quant à l’attractivité des métiers de la recherche pour les jeunes générations, à l’heure où 20 % des membres du CNRS s’apprêtent à prendre leur retraite, elle passe à mes yeux par la revalorisation du doctorat, qui doit constituer une expérience professionnelle à part entière. C’est pourquoi, le 1er octobre dernier, la rémunération mensuelle des allocataires-moniteurs a été augmentée de 8 %, ce qui l’élève à 2 000 euros.
Enfin, pour que nos chercheurs bénéficient de conditions de travail dignes du xxie siècle, le Gouvernement consacrera à l’université et à la recherche 9 milliards d’euros au cours des cinq années à venir (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe Nouveau centre).
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