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Une dégradation sensible de l’image comparée de Ségolène Royal
A la mi-décembre 2006, Nicolas Sarkozy était jugée plus crédible que Ségolène Royal sur quatre des sept points testés ; aujourd’hui, il l’est sur la totalité de ceux-ci, la candidate socialiste n’étant créditée par l’opinion d’une meilleure performance que dans deux domaines supplémentaires. Principalement, l’avantage de la candidate socialiste sur son concurrent UMP se focalise sur sa meilleure « compréhension des préoccupations des gens », particulièrement chez les personnes socialement modestes, chez les jeunes et chez les femmes. A l’inverse, lorsqu’il s’agit de capacités davantage liées à la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy voit sa domination s’accentuer. Aujourd’hui, six Français sur dix pensent qu’il a le plus la stature d’un président de la République, au lieu de 29% seulement pour Ségolène Royal.
Surtout, la dynamique de la campagne électorale du candidat investi par l’UMP apparaît nettement dans le fait qu’il incarne désormais le mieux le « changement » pour une majorité de l’opinion.
Les difficultés de Ségolène Royal profitent aux centristes et à l’extrême-gauche au premier tour, et à Nicolas Sarkozy au second
La mesure des intentions de vote en ce début de semaine apporte les principaux enseignements suivants :
Les candidats de gauche et d’extrême-gauche ne rassemblent que 41,5% des intentions de vote au premier tour.
Au second tour, dans l’hypothèse Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy, ce dernier l’emporte avec 52% des intentions de vote. Il bénéficie du report de plus de six électeurs lepénistes sur dix, cependant que la candidate socialiste fait pratiquement jeu égal avec lui parmi les électeurs de François Bayrou (environ quatre électeurs sur dix pour chacun des deux compétiteurs) et obtient de très bons reports de voix des électeurs ayant choisi un candidat plus à gauche qu’elle.
La baisse marquée du score de Ségolène Royal par rapport à la précédente mesure des intentions de vote par l’institut BVA pour Orange, à la mi-décembre (- 8 points) a pour corollaire la montée du résultat de François Bayrou (+ 5 points) comme de celui des différents candidats à la gauche du Parti socialiste (+ 4 points).
Du côté des anti-libéraux, l’éventualité d’une candidature de José Bové ne suscite aucune dynamique, le leader paysan ne regroupant que 2% des intentions de vote, au lieu de 3% à la candidate communiste, 4% à Arlette Laguiller et 5% à Olivier Besancenot. Celui-ci recueillerait 7% des intentions de vote si José Bové n’était pas candidat.
Quelles que soient les relations de la LCR avec le Parti socialiste, il est à noter l’excellence des reports des intentions de vote d’Olivier Besancenot sur Ségolène Royal au second tour (89%), et, dans une moindre mesure, pour les électeurs ayant choisi Marie-George Buffet (69%) ou Arlette Laguiller (61%). Par contraste, l’attitude des électeurs choisissant José Bové au premier tour apparaît plutôt hésitante au second : 40% choisiraient Ségolène Royal, et 25% Nicolas Sarkozy.
La candidate des Verts ne profite pas du retrait de Nicolas Hulot, et obtient un score d’intention de vote marginal (0,5%), tout comme celui de Corinne Lepage.
Nicolas Sarkozy conserve une position hégémonique à droite, en rassemblant dès le premier tour un tiers des intentions de vote. Parmi les sympathisants UMP, son score atteint 75%, ce qui est nettement mieux que le résultat de Ségolène Royal parmi les sympathisants socialistes (64%). Jean-Marie Le Pen demeure à un niveau relativement modeste, en étant, dans une des deux hypothèses testées, devancé par François Bayrou. Philippe de Villiers obtient pour sa part 2% des intentions de vote.
Au second tour, les intentions de vote exprimées montrent une stabilité des intentions de vote des sympathisants de gauche en faveur de Ségolène Royal (plus de huit sur dix), mais une diminution sensible parmi les sympathisants de l’UDF. L’effet le plus marquant n’est pourtant pas politique mais sociologique, les ouvriers, qui choisissaient largement la candidate socialiste en décembre (62%) portent désormais autant leur intention de vote au candidat investi par l’UMP (51%). Si Nicolas Sarkozy recueille moins d’intentions de vote que Ségolène Royal parmi les personnes âgées de moins de 50 ans, il améliore sensiblement son score chez les 18-24 ans (41% en janvier, au lieu de 25% en décembre).
Une anticipation de victoire favorable à Nicolas Sarkozy
Un Français sur deux pronostique une victoire du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, au lieu de 28% seulement celle de la candidat socialiste. Si 81% des électeurs de Nicolas Sarkozy pensent qu’il l’emportera, seuls 56% de ceux qui expriment leur intention de vote en faveur de Ségolène Royal prévoient la victoire de celle-ci. Parmi les sympathisants socialistes, 54% pronostiquent la victoire de la candidate de leur camp. La présence de Ségolène Royal au second tour continue à être très largement anticipée (70%) et plus encore celle de Nicolas Sarkozy (77%).
Fiche technique : Sondage réalisé par l’Institut BVA auprès d'un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 954 personnes ont été interrogées par téléphone du 22 au 23 janvier 2007. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les intentions de vote ont été établies auprès de 849 personnes inscrites sur les listes électorales en tenant compte de l'intention d'aller voter, de la certitude du choix et du vote antérieur.
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