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ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
SUR LA LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ ET LES VIOLENCES
Palais des Congrès Nice Acropolis – mardi 21 avril 2009
Je vous remercie. Merci Cher Christian. Mesdames et Messieurs, j’ai été très intéressé par tous vos
témoignages et en compagnie de Michèle ALLIOT-MARIE, de Rachida DATI, d’Éric WOERTH,
chacun pour leurs compétences, responsabilités.
Il me revient de parler d’une façon synthétique de cette question de la sécurité.
Il se trouve que depuis 2002, cela fait sept ans, pas un jour sans que je ne me sois occupé comme
ministre de l’Intérieur ou comme responsable politique, comme candidat à l’élection présidentielle ou
comme Président de la République, pas un jour où je ne me sois préoccupé de cette question de la
sécurité.
Quelle est la réalité ? J’ai été effaré en 2002 de constater ce que j’ai pu constater en devenant ministre
de l’Intérieur. Nous avions deux grandes forces de sécurité : la gendarmerie et la police qui
s’ignoraient dans le meilleur des cas. Une troisième force, non pas de sécurité mais qui y concoure, la
douane, dans son coin. Les services fiscaux, au nom du secret professionnel et c’était leur devoir à
l’époque qui ne travaillaient pas avec les services de sécurité. Et une représentation politique, je cite
un homme de qualité, Monsieur JOSPIN, qui a déclaré en 2002 « nous avons peut-être été un peu naïfs
en matière de sécurité ». Je ne lui reproche pas du tout cette naïveté, mais pour la victime, la naïveté
du haut c’est le drame en bas. Nous n’avons pas le droit d’être naïfs, nous les responsables, parce que
notre naïveté se paye par la violence physique sur le terrain. Pour celui qui est victime d’une agression,
d’un vol ou pire, l’aveu de la naïveté n’est pas une réponse. Et j’ai décidé dans ces conditions
d’engager une lutte, les mots ont un sens, une lutte sans merci contre les voyous et les délinquants. Je
n’ai pas changé d’un iota et j’ai l’intention même que nous passions la vitesse supérieure.
Mais, je veux mes Chers compatriotes, vous rendre attentifs à cela. Au ministère de l’Intérieur, parlant
sous le contrôle de Michèle ALLIOT-MARIE, il existe depuis une cinquantaine d’années un outil
statistique qui s’appelle le 4001 et qui calcule le nombre de crimes et délits chaque année. C’est le
même, il n’a pas changé.
Qu’est-ce qui a changé en 2002 ? C’est que ma première décision, fût de publier tous les mois les
chiffres d’évolution de la délinquance. Tous les mois. Jamais, ce n’était publié par personne,
vaguement, une fois à la fin de l’année on publiait les résultats, personne n’en parlait.
Je me souviens très bien d’un désaccord que j’ai eu avec un Directeur de mon administration qui me
disait « mais enfin, vous n’y pensez pas Monsieur le ministre, si les chiffres sont mauvais qu’est-ce
qu’on va faire ? ».
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Le problème quand les chiffres sont mauvais, c’est de prendre les mesures pour qu’ils deviennent
bons.
Entre 1997 et 2002, la délinquance a explosée, plus 15%. Pour la première fois en 2002, c’est un
sommet historique, le nombre de crimes et délits a dépassé les 4 millions. Et parallèlement, jamais en
2001, le taux d’élucidation de la police et de la gendarmerie ne fût si faible, 25%. C’est la réalité.
Si je regarde le chemin parcouru entre 2002 et 2008, c’est le chemin exactement inverse. Là où de 97 à
2002 cela avait augmenté de 15%, 2002-2008, cela a diminué de 15%. Ce sont 2 millions de victimes
évitées sur la base de la tendance qui était celle de la France lorsque j’ai pris les responsabilités de
ministre de l’Intérieur.
Les policiers et les gendarmes, fonctionnaires et militaires, ont fait un travail remarquable. Mes chers
compatriotes, nous devons soutenir notre police et notre gendarmerie. Le taux d’élucidation l’an passé
a été de près de 38%. C’est curieux quand même, avant 2002 on trouve 25% des coupables, en 2008,
on trouve 38% des coupables.
C’est pour que chacun soit mis face à ses responsabilités. Depuis 2002, j’ai multiplié les initiatives.
Bien souvent d’ailleurs avec l’aide de Christian ESTROSI qui fut le rapporteur de la LOPSI. Mais,
Monsieur le Procureur général, quand j’ai décidé qu’on créerait le fichier le FNAEG, qu’on le
développerait pour mettre les empreintes génétiques de tous ceux qui commettent des agressions
sexuelles. Combien furent nombreuses les organisations syndicales notamment les magistrats, pas tous
bien sûr, pas tous heureusement, qui mettaient en cause cette société dictatoriale que nous allions
créer.
Savez-vous qu’aujourd’hui dans les viols, on élucide près d’un cas sur deux. Pourquoi ? Parce que
c’est la police scientifique qui peut travailler avec des fichiers dignes de ce nom. Il est vrai qu’il
existait un FNAEG mais il y avait aucune empreinte dedans. Ils avaient crée une coquille qui n’était
pas remplie.
J’ai voulu, avec Jacques CHIRAC d’ailleurs, que police et gendarmerie dépendent du même Ministère.
Enfin, bien loin de moi l’idée d’ignorer que les gendarmes sont des militaires, les policiers sont des
fonctionnaires. Mais enfin, les pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris sont des
militaires aussi, ils dépendent du Ministère de l’Intérieur. Dans la main du même ministre doivent se
trouver les deux grandes forces de sécurité de la France : la police et la gendarmerie. Dans la main de
Michèle ALLIOT-MARIE, c'est-à-dire c’est à elle de définir une stratégie. Pensez qu’avant 2002, le
ministre du Budget était responsable de la douane, le ministre de la Défense était responsable de la
gendarmerie, le ministre de l’Intérieur était responsable de la police et pour le comble, quant aux
pompiers, ils avaient trouvé un réseau de communication qui était incompatible avec le réseau des
gendarmes et celui de la police.
Et Monsieur le Président, Gérard SANVICENS a raison, il a parfaitement raison. Les victimes non
seulement n’étaient pas considérées mais elles gênaient, Monsieur le Président, elles gênaient. Et le
pire pour les victimes n’est pas tant l’agression que le sentiment que tout le monde s’en moque, bien
pire, qu’elles sont en partie responsables de ce qui leur est arrivé, un comble ! Et chacun de se
passionner pour les délinquants. Les victimes elles avaient le droit de quoi ? De se taire. Je n’ai pas
accepté cette situation, je ne l’accepterai jamais.
Nous sommes nous, le gouvernement de la France d’abord au service des victimes. C’est le devoir de
la République et c’est le devoir de l’État.
Monsieur SANVISENS, il y en aurait tellement à dire, parlant cette fois-ci sous le contrôle du Garde
des Sceaux, bien sûr qu’un délinquant a le droit à la première minute de l’ouverture de la procédure à
un avocat, mais moi je veux qu’on travaille pour savoir dans quelles conditions la victime pourrait être
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traitée aussi bien que le délinquant et dans quelles conditions on pourrait voir que la victime elle aussi
ait le droit à un avocat à la minute de l’agression subie. Il n’est quand même pas extravagant de
demander que la victime soit traitée dans les mêmes conditions que le délinquant !
A partir de là, est-ce que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Joëlle CONTE a très bien parlé de
son rôle et Christian ESTROSI a bien fait de mettre en valeur les responsabilités de ces dames. Est-ce
qu’il y a une personne ici qui pense que je peux me satisfaire y compris d’un taux d’élucidation à 38%.
Vous savez mon tempérament dont on parle si souvent, à croire qu’il y a beaucoup de gens qui me
connaissent ! 38% d’élucidations c’est bien mieux que 25, mais il n’en reste pas moins qu’il y en a 62
qui ne sont pas élucidés. Et croyez bien qu’avec Michèle ALLIOT-MARIE, on en est parfaitement
conscients. D’ailleurs l’objectif qu’on a fixé, c’est 40%. On va y arriver.
Mais ce qui est important mes chers compatriotes, c’est qu’on a inversé la tendance de cet immense
paquebot qu’est la France. La tendance était inéluctable, chaque année on nous disait on n’y peut rien,
les sociétés sont de plus en plus violentes, il n’y a rien à faire. Eh bien, nous avons démontré que non
seulement il n’y avait pas de fatalité de l’augmentation de la délinquance mais qu’on pouvait inverser
la tendance.
Mais il y a des choses qui ne vont pas, qui sont inadmissibles. Je regarde tous les jours, je suis les
choses de très près et je suis comme vous choqué d’un certain nombre de choses.
Quand je vois l’affaire des bandes. Je ne suis pas un homme à accepter ce qui se passe, qu’un certain
nombre d’individus douteux considèrent qu’un territoire est le leur, s’organisent en bandes mafieuses,
terrorisent, se déplacent, interdisent qu’on rentre. C’est une affaire qui ne sera pas tolérée.
Je remercie Christian ESTROSI et les parlementaires qui l’entourent qui déposeront une proposition
de loi le mois prochain, qui fera de l’appartenance conscient à une bande un délit. Et je le dis au
Procureur général, les magistrats, n’auront plus à se poser la question de savoir qui dans la bande a fait
ou pas, le simple fait d’appartenir à une bande sera en soi, de façon consciente, un délit passible
jusqu’à trois années d’emprisonnement. J’attire d’ailleurs votre attention sur le fait, dans les
commentaires innombrables de tous ceux qui feraient mieux d’agir mais qui commentent, j’ai vu deux
reproches : il y a ceux qui disent « c’est liberticide », je ne vois pas en quoi c’est liberticide d’interdire
l’appartenance à une bande, et les autres qui disent « c’est inefficace », il faut savoir, soit c’est
inefficace et dans ce cas-là ce n’est pas liberticide, soit c’est liberticide et dans ce cas-là cela doit avoir
quand même un début d’efficacité. En tout cas, je ne laisserai pas se développer le phénomène des
bandes, c’est clair.
Mais lorsqu’avec Rachida, nous avions proposé les peines planchers. C’était quoi l’idée ? 5% des
délinquants font 50% de la délinquance. J’avais d’ailleurs, Cher Christian, en tête les vols à la portière,
ici à Nice, avec un certain nombre de magistrats auxquels je veux rendre hommage, qui me disaient,
on en a plus qu’assez devant le tribunal correctionnel, on voit les mêmes pour 18 fois, on n’a pas
l’arsenal pour les punir. 11 900 délinquants récidivistes ont été condamnés à une peine plancher.
Désormais sur le territoire de la République française, quand on est un récidiviste, on est condamné
beaucoup plus sévèrement que quand on est un primo-délinquant. Mais lorsque nous avons proposé
cela avec Rachida DATI, concert de protestations, y compris chez mes propres amis. Même un Garde
des Sceaux de l’époque qui me disait, mais enfin c’est contraire à la Constitution. Au nom de quoi estce
contraire à la Constitution qu’un individu qui revient pour la dixième fois devant le même tribunal,
pour le même délit, soit condamné non pas pour ce qu’il a fait la dixième fois mais par le fait qu’il a
fait quelque chose la dixième fois et que cela fait dix fois qu’il se moque de la société, de son
organisation, de son état de droit. Voilà ce que nous avons voulu faire.
Là encore, nous étions à Strasbourg, et j’ai été absolument effaré de ces images inacceptables, de ces
soi-disant pacifistes venant avec des barres de fer manifester pour la paix. Et je veux rendre, je le dis à
la Ministre de l’Intérieur, un hommage très appuyé aux forces de l’ordre, permettez-moi de vous le
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dire, il n’y a eu aucun blessé grave et aucun mort ni du côté des émeutiers ni du côté des forces de
l’ordre.
J’ai été le Ministre en 2005 quand il y a eu à faire face à 25 nuits d’émeutes, il n’y a eu aucun mort
chez les émeutiers, aucun mort chez les forces de l’ordre. Il n’y a pas beaucoup de pays qui peuvent
s‘appuyer sur des forces de l‘ordre républicain qui ont cette maîtrise, ce savoir-faire et ce courage.
Mais enfin, je n’accepterai pas, que les choses soient bien claires, et je le dis aux Français, je
n’accepterai pas dans un pays qui est une démocratie comme la nôtre, où le droit de manifester est un
droit constitutionnel, je n’accepterai pas que des voyous viennent manifester avec des cagoules. Si on
manifeste, on manifeste à visage découvert. Si on vient masquer ou avec des cagoules, cela sera un
délit. Et on sera puni du seul fait d’être venu masqué ou avec des cagoules. Et que ceux qui sont contre
cette mesure viennent l’expliquer aux Français. J’attends avec sérénité le jugement de mes
compatriotes. On n’appartient pas à une bande armée lorsqu’on est un citoyen respectable de la
république française. Et on ne vient pas manifester avec une cagoule ou masqué lorsqu’on vient
exprimer un mécontentement sur le territoire de la république française.
J’ajoute pour Madame Gisèle NEGRE, j’ai beaucoup apprécié l’humanité parce qu’on sent une grande
humanité, qu’est-ce qui s’est passé ces derniers temps ? Quand j’entends qu’un individu de 17 ans
vient au collège avec une clef à molette dans son cartable et une matraque dans sa petite mallette. Je
me demande : est-ce que le bon sens existe encore ? Quand un de vos collègues, Madame NEGRE,
que je décorerai de la Légion d’Honneur moi-même, parce qu’il fait honneur à la fonction publique et
à la République, est obligé de se battre pour protéger un de ses élèves, je dis que les bornes ont été
franchies et que je n’accepterai pas qu’elles continuent à être franchies. Qu’est-ce que l’on va faire, là
aussi ? Parce que dans ce foisonnement d’informations à l’intérêt inégal, franchement si on voit le
temps perdu ce week-end pour des polémiques ridicules alors qu’on a tant de problèmes à régler : le
chômage, l’insécurité, les problèmes sociaux. L’intrusion dans un établissement scolaire, c’est une
contravention Monsieur le Procureur Général. Nous allons en faire un délit : ceux qui se livreront à ce
genre de sport, pourront être mis en garde à vue, pourront être arrêtés, et auront à en rendre compte
devant un tribunal correctionnel. Je n’ai pas l’intention de laisser nos établissements scolaires ouverts
à tout vent. L’école doit être sanctuarisée. Si on confie nos enfants à l’école, c’est pour qu’ils y soient
à l’abri de la violence. L’entrée de la violence dans les écoles, c’est un scandale et ceux qui ne le
comprendront pas seront déferrés devant les tribunaux correctionnels. J’ajoute que l’école est gratuite,
c’est-à-dire qu’elle est payée par les impôts, lesquels impôts sont prélevés sur des gens qui travaillent.
Je n’ai pas l’intention de demander aux Français de travailler pour une infime minorité qui n’a comme
seule idée qu’aller à l’école pour régler des comptes de bandes de rivalités ridicules de quartiers. Mais
j’ajoute que nous ferons de l’attaque à un fonctionnaire de l’éducation nationale, une circonstance
aggravante y compris lorsque ledit fonctionnaire se trouvera dans un transport en commun. Je
défendrai les enseignants, je les ferai respecter et je n’accepterai pas que qui que ce soit porte la main
sur un fonctionnaire. Ce que je dis pour les enseignants, je le dis autant pour les policiers, les
pompiers, les gendarmes, pour les agents du fisc, pour les agents des services sociaux. Cela fait trop
longtemps que dans notre pays, on a accepte l’inacceptable ! Et je ne suis pas décidé à l’accepter.
J’ai fait une demande à Eric WOERTH : dès le prochain budget nous ferons disparaître toutes les
réserves sur le secret professionnel entre administrations parce que nous avons besoin des agents du
fisc pour traquer les mafieux, les malhonnêtes et les voyous. Et les traquer au portefeuille, et il ne peut
pas y avoir de secret professionnel entre l’administration fiscale et l’administration de la gendarmerie
ou de la police. Parce que nous allons attaquer à la fois les bandes, les trafics dans les cités
souterraines, l’argent du crime. Et je remercie Eric WOERTH d’ailleurs d’avoir mis dans chaque
département une cellule contre la fraude.
Nous allons également développer la vidéosurveillance dont la ville de Nice a été précurseur mais là
encore la vidéosurveillance c’est efficace dans le cadre du travail avec les magistrats parce que cela
permet d’avoir une preuve judiciaire qui est en lien d’ailleurs avec l’interdiction de porter une cagoule.
Parce que si on porte une cagoule c’est parce que l’on sait qu’il y a de la vidéo et qu’on ne veut pas
avoir la preuve. Et d’ailleurs nous allons généraliser dans les voitures de police, autant que faire ce
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peut, des systèmes de vidéo car nous avons observé lors des émeutes que bien souvent les voyous
étaient plus inquiets par la perspective d’une caméra que par tout autre armement des forces de l’ordre.
Je viens de signer une lettre de mission pour la Ministre de l’Intérieur, en accord avec elle : nous
allons développer un certain nombre d’initiatives: la police d’agglomération, car la délinquance ignore
les frontières, nous allons faire un premier test sur la région parisienne, Paris et les trois départements
mais on ne peut pas avoir une police de la sécurité publique dans chaque département, une à Paris, il
faut une police d’ensemble. Michèle ALLIOT-MARIE mettra cela en place.
Il y a une deuxième chose à laquelle je tiens beaucoup qui est très difficile mais qu’il faut que nous
fassions, c’est mettre les forces mobiles, gendarmes mobiles comme CRS, des femmes et des hommes
de très grande qualité, mais je voudrais qu’ils fassent plus de sécurité publique et pas simplement de
l’ordre public. Bien sûr que toute république a besoin de force d’ordre public lorsqu’il y a de grandes
manifestations ou des troubles mais je veux que ces fonctionnaires qui ont une vraie compétence la
mettent au service des habitants des quartiers et je vous annonce d’ailleurs Madame ALLIOT-MARIE
créera prochainement une UTeQ (Unité territoriale de Quartier) à Nice ainsi qu’une une compagnie
de sécurisation pour vous ici dans les Alpes Maritimes, ici à Nice. Ces forces seront utilisées dans les
quartiers les plus difficiles aux heures les plus complexes. On ne peut pas être plus gentil ! Parce que
vous comprenez les patrouilles à 8h00 du matin, cela ne sert pas à grand-chose franchement.
Pourquoi les unités territoriales de quartiers, des équipes spécialisées dans les quartiers ? Je n’ai pas
l’intention d’abandonner ceux de nos compatriotes qui vivent dans un certain nombre de quartiers et
qui n’ont pas les mêmes droits que les autres, ils ont plus de droits que les autres parce qu’ils ont
moins que les autres. Je veux dire de droit à la sécurité, de droit à vivre tranquille, de ne pas avoir peur
quand on rentre chez soi.
Mesdames et Messieurs, je terminerai en disant juste une chose, je suis très content que Monsieur
FALETTI soit là parce que, police, gendarmerie, justice, forment la même chaîne pénale. Je rends
hommage aux magistrats qui dans leur immense majorité, ont tenu compte de la nouvelle politique
pénale. C’est le devoir d’un gouvernement d’avoir une politique pénale. C’est le devoir de Rachida
DATI de donner des instructions collectives de politique pénale. Comme c’est le devoir de Monsieur
WOERTH de porter une politique fiscale. Comme c’est le devoir de Monsieur BORLOO de porter une
politique environnementale. Comme c’est le devoir de Brice HORTEFEUX de porter une politique
sociale. La politique pénale n’est pas un gros mot. Une majorité est sortie des urnes, j’ai été élu
président de la République, derrière mon élection une majorité a été élue à l’Assemblée Nationale, et
avec les Sénateurs, nous devons dire, voilà la politique pénale qui doit s’appliquer en France. Loin de
moi, Monsieur FALETTI, l’idée de dire que cela doit se traduire par des instructions individuelles,
encore que la loi de 1993 prévoie que les instructions individuelles sont acceptées à condition qu’elles
soient écrites et versées au dossier. Nous portons cette politique pénale et les magistrats ont fait un
travail absolument remarquable, je veux leur rendre hommage. Mais là aussi bientôt je déposerai, je
demanderai au Gouvernement de Monsieur FILLON de déposer au Parlement, un projet de loi
organique sur la nouvelle composition du CSM et un certain nombre de changements, notamment la
responsabilité des magistrats. Je veux dire aux Français que je ne laisserai pas des affaires comme
Outreau sans réponse. Il ne faut pas faire d’amalgame. Les magistrats font un travail remarquable mais
les Français ont été choqués à un certain nombre de dysfonctionnement. Ils sont en droit de se
demander mais pourquoi, qu’est-ce qui se passe ? Où est-ce que l’on en est ? Je suis responsable, le
commandant est responsable, le commissaire est responsable, le principal est responsable, le magistrat
est responsable aussi. Nous sommes tous responsables pour la part qui est la nôtre. Et bien voyez-vous
je suis persuadé que sur ces questions là on peut aller bien au-delà du seul clivage gauche-droite. Parce
que la sécurité c’est la condition de la liberté. Opposer les deux n’a aucun sens, aucun. Vous savez
quand je rencontre le frère d’une victime, cette infirmière de Pau dont la tête a été tranchée et laissée,
et que la famille de la victime reçoit une lettre avec non-lieu parce que le coupable est irresponsable
pénalement, comment voulez-vous que la famille comprenne ? Et quand avec Rachida, que je remercie
une nouvelle fois, nous avons fait les peines de sûreté pour que quelqu’un qui a fini sa peine, s’il est
dangereux pour la société, je demande, ne sorte pas de prison. Nous avons des problèmes qu’il y a trop
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de malades psychiatriques dans nos prisons. Ils doivent être dans des hôpitaux, nous en faisons un à
Paris, et un à Lyon. Mon devoir c’est de protéger la société. Nous n’avons pas le droit à la lâcheté et à
la faiblesse. Bien sûr Madame la principale a raison : tout enfant mérite sa chance. Il faut lui donner la
chance de l’éducation, la chance du stage, la chance de l’ouverture. Mais il y a aussi un autre principe :
aide-toi le ciel t’aideras ! On ne peut rien faire pour celui qui ne veut rien faire pour lui-même. L’autre
jour, dans un lycée, je dialoguais, il y a une jeune fille qui me disait : je veux, Monsieur le Président,
dans mon lycée un cours d’apprentissage des jeux vidéo et puis je veux un cours de cascade. Alors je
lui dis, vous savez Mademoiselle, vous êtes là pour apprendre une chose, il y a du plaisir dans la vie
quand d’abord on a mis de l’effort. Il n’y a pas de plaisir quand il n’y a pas d’effort, il n’y a pas de
récompense quand il n’y a pas d’effort. Alors toutes vos aspirations, c’est formidable mais d’abord il
faut apprendre, lire, écrire, compter, la discipline, un certain nombre de règles et après on va donnera à
choisir tous ce que vous pouvez mais l’école c’est d’abord cela. S’il faut que l’on rappelle un certain
nombre de principes dans une société où c’est un flux d’informations, fait en sorte que plus personne
n’a de repères, c’est à nous d’en redonner des repères, calmement, sereinement mais sans faiblesse,
sans céder à cette pensée unique avec des bons sentiments affichés et des conséquences
catastrophiques.
Voilà ce que je voulais vous dire aujourd’hui à Nice, vous soyez je vous ai parlé très franchement, très
librement, je vais m’investir totalement dans cette action. Mais je n’ai pas peur de heurter un certain
nombre de places fortes qui depuis trop longtemps font régner une sorte de terrorisme intellectuel qui
empêche la majorité de nos compatriotes de défendre les idées dans lesquelles ils croient et d’exiger de
leur gouvernement l’application de la politique qu’ils souhaitent. Et croyez bien cela va bien au-delà
du clivage gauche-droite. Cela n’empêche ni l’éducation ni la prévention ni la générosité ni tous les
principes qui sont les nôtres mais ces principes-là, quand il y a la violence à l’école, quand il y a la
violence dans la cité, quand il y a la violence dans la rue, ces principes-là ils ne peuvent pas prospérés.
Voilà pourquoi il est temps d’y mettre un terme. Je vous remercie.
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